Les métiers du funéraire sont souvent méconnus et mal compris. On parle de « métiers de l’ombre ». Ils jouent pourtant un rôle essentiel dans la société, ils impactent, même indirectement, le processus du deuil des proches. Il ne faut pas sous-estimer leur importance. Les bons professionnels du funéraire vont « adoucir » les funérailles, à chaque étape.

La Coopérative Funéraire de Lille vous en dit plus sur ces métiers, pour en explorer avec vous les différents aspects, leurs responsabilités, les compétences ainsi que les diplômes requis.

LE CONSEILLER FUNERAIRE

Le conseiller funéraire est l’interlocuteur privilégié des familles. C’est la première personne contactée à l’agence des pompes funèbres. Très souvent le premier contact se fait par téléphone, puis il y a une rencontre au sein du lieu d’accueil des pompes funèbres.

Il accompagne et conseille les familles dans l’organisation des obsèques et dans les démarches administratives et pratiques.

Chaque accompagnement est unique et différent, et le conseiller funéraire se doit d’accompagner les familles dans le choix des services funéraires appropriés. Sa tâche est administrative, coordinatrice et commerciale.

Il organise les obsèques avec la famille et selon les volontés du défunt. Pour cela, il contacte les instances administratives et sanitaires (mairie, préfecture, police, hôpital, thanatopracteur). Il organise les aspects logistiques des funérailles en coordonnant les différents intervenants (chauffeur, porteurs, marbrier, crématorium, cimetière, culte). Il conseille les familles et vend les services et prestations de la pompe funèbre (cercueil, urne, objets funéraires, marbrerie). On pourrait dire qu’il est comme « le chef d’orchestre » pour le bon déroulement des funérailles.

Le conseiller funéraire se doit d’être à l’écoute des besoins des familles avec discrétion, empathie et une grande disponibilité.

-> Pour exercer ce métier, le diplôme national de conseiller funéraire est obligatoire. Il est obtenu par un examen écrit et oral après une formation qui comprend 140 heures de cours théoriques et 140 heures de stage pratique. Durant cette formation, l’étudiant apprend les métiers de porteur/chauffeur, de maître de cérémonie et de conseiller funéraire. Les cours abordent l’histoire du Funéraire, les normes d’hygiène et de sécurité, le cadre législatif, la psychologie du deuil, les pratiques et rites funéraire, la conception et l’animation d’une cérémonie funéraire, l’encadrement d’une équipe, la vente et la réglementation commerciale. Avec une formation complémentaire, un conseiller funéraire peut devenir gestionnaire, manager ou chef d’entreprise de pompes funèbres.

-> Le niveau BAC est fortement conseillé en prérequis. Le permis de conduire de catégorie B est requis.

LE MAITRE DE CEREMONIE

Le maître de cérémonie prend le relais du conseiller funéraire et assure le déroulement harmonieux et respectueux des funérailles.

Il est un coordinateur présent auprès des familles qu’il rencontre afin de préparer avec elles l’hommage qui sera rendu à la personne défunte.

Il supervise et anime la cérémonie en veillant à la coordination entre les différents acteurs des funérailles. Il prend la parole avec recueillement et dignité pour donner des informations ou indiquer la marche à suivre. Il peut, si la famille le souhaite, retracer la vie du défunt ou lire des textes. Enfin, il fait attention à respecter les délais.

Le maître de cérémonie doit avoir le sens de l’organisation, un bon équilibre psychologique et une écoute attentive. Il doit savoir prendre du recul et réagir face aux imprévus.

-> Pour exercer ce métier, un diplôme spécifique est obligatoire. Il s’obtient après un examen et une formation qui comprend 70 heures de cours théoriques et 70 heures de stage pratique. L’étudiant y apprend des notions de la psychologie du deuil, la législation funéraire, l’hygiène et la sécurité, les différents rites funéraires et religieux. Au cours de sa pratique, il s’exerce à la conception et à l’animation d’une cérémonie. Avec une formation complémentaire, le maître de cérémonie peut devenir conseiller funéraire.

-> Le permis de conduire de catégorie B est requis.

LE PORTEUR – CHAUFFEUR

Le porteur et le chauffeur funéraires travaillent en équipe sous la direction du maître de cérémonie. Ils interviennent dans le parcours des obsèques, depuis la mise en bière jusqu’à l’inhumation ou la crémation de la personne défunte. Il n’est pas rare qu’ils cumulent les deux fonctions : on l’appellera alors l’agent funéraire.

Le chauffeur conduit le corbillard selon la trajectoire des funérailles de manière respectueuse et sécurisée. Il assure le transport du cercueil et éventuellement des proches du défunt.

Le porteur est chargé du portage du cercueil, de disposer les fleurs et articles funéraires ainsi que le mobilier funéraire (pupitre, table de condoléances, chaises…). Lors de l’inhumation au cimetière, il descend le cercueil à l’aide de cordes dans la sépulture.

La discrétion, la disponibilité, la patience et l’aptitude physique sont les qualités requises pour faire un bon porteur/chauffeur.

Le métier d’agent funéraire est essentiellement masculin car, selon la règlementation, les femmes ne sont pas autorisées à porter des charges de plus de 25kg. Cela n’empêche cependant pas une femme d’exercer ce métier.

-> Le permis de conduire de catégorie B est requis.

LE MARBRIER

Le marbrier funéraire est un artisan dédié à la conception et à la mise en place des monuments funéraires. Il assure le processus allant du design à l’installation de pierres tombales, tout en mobilisant ses compétences techniques et créatives. Pour respecter les souhaits particuliers des familles en deuil, ce professionnel doit maîtriser le travail avec divers matériaux, tels que le granit, le marbre ou la pierre. Il incombe également au marbrier funéraire de rénover et entretenir les sépultures, garantissant ainsi leur pérennité et leur esthétique.

Une très bonne condition physique, la prudence, une grande précision, une sensibilité artistique, et l’écoute sont les qualités requises pour exercer ce métier.

-> Un Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP) en taille de pierre, en marbrerie funéraire ou en maçonnerie est recommandé. Il est également utile d’avoir un permis poids lourd.

LE FOSSOYEUR

Le fossoyeur creuse les tombes selon les spécifications et les normes de sécurité. Il veille également à la gestion et à l’entretien du cimetière. Ses tâches peuvent être variées : inhumation des défunts, vérification de l’état et de l’occupation des caveaux, exhumations demandées par les autorités compétentes. Il est présent lors des cérémonies funéraires pour assister les pompes funèbres. Il connait l’emplacement de la sépulture pour pouvoir diriger l’entourage dans le cimetière.

Dans l’imaginaire collectif, le fossoyeur n’a pas forcément un profil attirant : il est « celui qui enterre les cadavres ». Il a pourtant une fonction essentielle et doit allier une bonne condition physique à un bon équilibre psychologique. C’est un métier difficile qui s’exerce par tous les temps et qui peut causer des blessures et s’avérer dangereux. C’est un métier de l’ombre, qui est au cœur d’un des gestes rituels les plus humains, et grâce auquel les mémoires peuvent se perpétuer. 

-> Le fossoyeur doit suivre une formation de niveau 1 de 15 à 20 heures par le biais des pompes funèbres ou de la mairie. Un niveau CAP est recommandé.

LE THANATOPRACTEUR

Le thanatopracteur (ou la thanatopractrice) exerce la thanatopraxie sur les défunts. Ce mot vient du grec – « Thanatos » – qui était la divinité grecque de la mort, et – « praxein » – qui signifie le fait d’exécuter une opération manuelle.

La plupart du temps il est seul : c’est aussi un « métier de l’ombre », car on ne le voit pas. Seul avec le défunt, dans le laboratoire de la chambre funéraire ou au domicile du défunt, il réalise les soins de conservation. Il s’agit là d’une procédure consistant à injecter un liquide à base de Formaldéhyde à la place du sang de la personne décédée afin de ralentir les stigmates de la mort et de retarder la dégradation du corps. Il habille également le défunt et peut lui faire une toilette (maquillage, coiffage, etc.) selon les souhaits de la famille ou bien à partir d’une photo. Cette pratique peut durer entre 1h30 et 3h selon l’état du corps. Il peut ainsi être amené à reconstituer le visage, par exemple en cas d’accident.

Une bonne condition physique, une stabilité émotionnelle et l’amour du travail en solitaire sont les qualités requises pour exercer ce métier. En plus de cela s’ajoutent les compétences médicales, anatomiques et esthétiques acquises lors de la formation.

-> Le diplôme national de thanatopracteur, reconnu par le ministère de la Santé, est obligatoire. Il est ouvert aux candidats âgés d’au moins 18 ans et titulaires du diplôme du baccalauréat. La formation comprend 1 année de cours théoriques avec des épreuves afin de pouvoir passer à la formation pratique comprenant 100 opérations de soins de conservation complets et un enseignement à l’art restauratif. Une évaluation en fin de parcours sera effectuée par le comité national d’évaluation. Il s’agit d’un concours, les places étant limitées.

L’AGENT MORTUAIRE

L’agent de chambre mortuaire a pour mission première à l’hôpital de transférer le corps du défunt de sa chambre jusqu’à la morgue. Il peut également apporter des soins (toilette, habillage).

Il supervise aussi les démarches administratives tels que l’enregistrement des personnes décédées, l’organisation du transport des défunts vers leur domicile ou le funérarium.

En parallèle, l’agent de chambre mortuaire assiste le médecin légiste durant les autopsies (préparation des instruments, aide aux prélèvements, restauration du corps). Il assure également l’entretien et la gestion de la morgue. Il prend en charge l’accueil téléphonique et physique des visiteurs et usagers (familles, soignants, professionnels du funéraire, agents publics). L’agent mortuaire exerce dans les hôpitaux et les maisons de retraite qui possèdent une chambre mortuaire.  

Ce métier, tout comme celui du fossoyeur, est très stéréotypé. Perçu comme un métier « froid et glauque », les gens en ont une mauvaise image. L’agent mortuaire doit pourtant faire preuve de sang-froid, avoir une bonne condition physique et un solide équilibre psychologique. L’écoute, l’empathie et le respect pour le corps de la personne défunte sont des qualités indispensables pour exercer ce métier comme il convient.

-> Une formation certifiante est obligatoire. De plus en plus, le diplôme d’aide-soignant est requis pour exercer à la chambre mortuaire. Toutefois, il est tout à fait accessible aux personnes titulaires du baccalauréat. Cette formation est dispensée par l’Institut français de formation des professions funéraires et les écoles d’infirmiers. Elle comprend 80 heures d’enseignement, soit 40 heures de formation théorique et 40 heures de formation pratique.

 

EN CONCLUSION

Les métiers du funéraire, bien que souvent entourés de mystère et de tabous, sont essentiels pour accompagner les familles dans l’un des moments les plus difficiles de leur vie.

La Coopérative Funéraire de Lille s’engage à vous accompagner avec écoute, humanité et professionnalisme durant votre deuil. En comprenant mieux ces professions, vous pouvez mieux apprécier l’importance de leurs rôles dans notre société.

Rédigé par Severine MASUREL

Tel : 03 28 04 09 35

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